Avant toutes choses, je veux vous remercier très chaleureusement d’avoir suivi avec nous cette aventure en Asie centrale…un merci particulier à tous les commentateurs sans lesquels j’arrêterais définitivement de bloguer !
J’ai aaaadoré ce voyage ! Et Massoud partage le même enthousiasme que moi. Nos meilleurs souvenirs sont même les situations où nous avons le plus galéré…le no man’s land entre la Chine et le Kirghizstan, la mer d’Aral…et bien sûr, les gens ! La plus belle aventure des voyages, c’est l’aventure humaine, la rencontre entre êtres de deux univers si différents.
Retour sur ces derniers jours … à Samarcande : ce que j’ai préféré à Samarcande , et de loin, a été la nécropole Cha-i-Zinda. C’est une longue avenue de tombeaux richement décorés (la plupart abritent les proches de Tamerlan). On dirait un bout de ville irréelle, magnifique. J’ai adoré m’y promener quelques heures et imaginer que les rues de l’ancienne Samarcande ressemblaient à cet endroit magique.
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A vrai dire, j’ai été déçue par Samarcande…sans doute que mes attentes étaient trop élevées. Le nom de cette cité mythique évoque tant de choses, tant d’exotisme oriental, de légendes, d’histoire.
Bien sûr, les monuments sont fabuleux, mais ils ne font que regretter de ne pouvoir se plonger dans la ville d’antan. Cette vieille ville a totalement disparu. Les monuments fabuleux sont désespéremment esseulés, entourés de larges routes soviétiques, de bâtiments tristes en béton, de jardins trop modernes, sans âme aucune (Je n’ai malheureusement pas eu la présence d’esprit de prendre des photos de la ville dans son ensemble, pour illustrer mon propos ).
Ici, la plupart des habitants de Samarcande n’ont que faire de leur patrimoine. Ces monuments fabuleux construits par leurs ancêtres si prestigieux, ils ne les regardent plus, ils ne les ont jamais regardé d’ailleurs. Notre jeune guide nous a même dit qu’avant de décider de faire ce métier (après un diplôme d’ingénieur qui ne lui donna aucun travail), il ne connaissait même pas le nom des monuments, Samarcande étant pourtant sa ville natale !
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J’ai personellement trouvé que le point fort de cette ultime étape àSamarcande était la vie dans la guesthouse où nous nous sommes installés (après un passage dans une guest’ très roots).
C’est Komil qui nous a donné l’adresse, l’Antica B&B. Cet havre de paix est dirigé d’une main de fer par les femmes de la famille. Il y a d’abord la grand-mère qui tient les finances avec poigne. Et puis ses deux filles qui sont les gérantes. Elles-même ont chacune une fille qui turbinent du matin au soir pour faire tourner la maison. Tout ça sans compter le nombreux personnel féminin qui les accompagne dans leur tâche.
Je me suis particulièrement liée d’amitié avec l’une des filles des gérantes (à gauche avec la veste en jean), nous l’appellerons Zioré car je ne me souviens plus de son prénom mais ça ressemblait à ça ! Elle parle parfaitement l’anglais. Elle a passé sa dernière année de lycée en Californie où elle a tellement cartonné qu’elle a reçu une lettre de félicitations du président Bush…elle était toute fière de m’expliquer ça. Elle est revenue il y a 1 an et depuis, elle ne fait que pleurer. Elle ferait n’importe quoi pour retourner aux Etats-Unis pour faire ses études supérieures…mais les femmes de la famille ont dit non ! Elle devra travailler dans la guesthouse !
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Il y a quand même un homme dans ce petit monde… Denis, notre guide, qui est un genre d’intérimaire dans la guesthouse. Il est donc né à Samarcande, de parents russes. Il a 25 ans. Il était super fier de montrer sa première voiture qu’il a acquis il y a 2 mois…une Lada qu’il a payé pas moins de 7000€ !
Passons aux choses sérieuses, il se passe quelque chose dans la guesthouse ! L’effervescence est à son comble ! Tahir (photo ci-dessous), un pakistanais de 33 ans qui vit en Estonie (il y a migré à 19 ans), était venu en vacances dans cette guesthouse par hasard il y a 6 mois. Là , il a fait la connaissance de Sarvy, 18 ans, employée dans la guesthouse (c’est la fille àdroite à côté de Zioré sur la photo ci-dessus). Depuis, ils ont communiqué par courrier, et là , il est revenu pour demander sa main !
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Mais l’affaire n’est pas si simple. La mère et la grand-mère de Sarvy sont d’accord, les femmes de la guesthouse approuvent cette union également, mais le père et surtout le grand-père de Sarvy sont réticents. Tahir marque certes des points avec son passeport européen et sa boutique de souvenirs, mais il a des défauts qui jouent contre lui: il est divorcé (d’une estonienne qui en était à son 3e mariage) et il a 2 filles de cette union. De plus, il n’est pas ouzbèque.
Alors voilà , nous avons vécu ces quelques jours au rythme des rebondissements de cette affaire, Tahir se confiant à nous.
Zioré avait pour rôle de faire l’intermédiaire entre Tahir et Sarvy. Même si les 2 tourtereaux étaient à 3 mètres de distance, ils ne se parlaient pas directement, Zioré faisant d’incessants aller/retour entre les deux !!
Pour l’anecdote, j’ai demandé à Tahir s’il pensait que Sarvy l’aimait, et il m’a répondu que la veille, il avait donné sa chemise à laver à la guesthouse; et que Sarvy avait insisté pour que ce soit elle et non une autre fille qui la lave !!
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Hier, Tahir n’avait vraiment pas le moral. Il trouvait Sarvy très distante. Etant dûment chapronnée, elle avait finalement été autorisée à nous accompagner pour la visite du tombeau d’Al-Boukhari ( fameux récolteur de hadiths). Tahir, comme à chaque fois que nous avons croisé un imam, a glissé dans la main de celui-ci un billet pour qu’il fasse une prière pour que le grand-père de Sarvy accepte cette union !
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L’après-midi, nous sommes allés visiter le tombeau du prophète Daniel. La légende raconte que son squelette grandit de 72 cm par siècle ! Ainsi, le tombeau mesure pas moins de 18 mètres !! Quand on entre dans la pièce, on ne peut s’empêcher d’exploser de rire ! On dirait un cartoons ! Comme à chaque monument qu’on visite en Ouzbékistan, il y a une superstition: si on fait 3 fois le tour du tombeau, le voeu qu’on formule alors se réalise. sur la photo, on voit Tahir qui se recueille après avoir terminé ses 3 tours effectués avec empressement !
Aujourd’hui même, Tahir aura la réponse du grand-père…malheureusement, nous serons déjà partis. Notre voyage s’achève…je sens que quelques jours de blues m’attendent à Paris ! Il sera alors temps de recommencer à rêver à d’autres horizons!
Pour ceux qui ont aimé les photos, je fais des expos à Paris, envoyez-moi un mail et je vous donnerai plus de détails !
A très bientôt !
8 October 2007
En apparté: pour ceux qui aiment les vidéos, on en a rajouté une sur le post de Kashgar…
Entre Khiva, Boukhara et Samarcande, notre voyage a changé de visage. On est largement rentré dans les circuits touristiques (les français représentent d’ailleurs la 1e nationalité des touristes en Ouzbékistan), ce qui limite la part d’aventure, d’imprévu, de rencontres insolites. Ces villes n’en sont pas moins magiques, mais comme il ne nous arrive aucune anecdote particulière, tout ce qu’on a à vous raconter est d’ordres historique et culturel…et je sais combien il en faut peu pour que ça fasse déserter tout le monde du blog !
En arrivant, on a pas tardé à trouver un endroit de rêve où poser nos valises dans la vieille ville de Boukhara. La maison date du XIXe et appartient depuis sa construction à la famille de Komil, qui en est maintenant le gérant. Il est jeune, serviable, toujours grand sourire…cette adresse est un délice !
Le décor de la salle à manger est d’origine…époustouflant ! Le style rappelle énormément les palais indiens.
De par son passé lourd d’histoire et malgré le fait que la ville ait été rasée à plusieurs reprises, Boukhara regorge de monuments classés (140 au total). Malheureusement, par manque d’entretien, beaucoup tombent en ruine. Ils rappellent cependant le passé glorieux de la ville.
En effet, parmi les grandes personalités du monde musulman issues de Boukhara et connues en Europe, on peut citer Ibn Sina (Avicenne), connu pour son “Canon de la médecine” qui a longtemps été une référence dans le domaine de la médecine en Europe; mais aussi Al Biruni, astronome; Omar Khayyam poète et astronome ayant créé le calendrier persan; ou encore Al Khawarizmi, mathématicien à l’origine des algorithmes.
De ce passé glorieux, les habitants de Boukhara - mais aussi ceux de Samarcande - ont aussi gardé le persan comme langue. On a donc tous été ravis de profiter du savoir de Massoud qui parle le persan, pour communiquer avec les habitants.
Bien que la modernité ait immanquablement touché la ville et malgré le manque d’entretien, Boukhara garde un charme fou.
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Le minaret Kalon (grand), construit au XII ème siècle, est l’un des plus important monument de Boukhara. Il mesure 47m sur 10m de fondation et repose sur des roseaux qui agissent comme un coussin anti-sismique. On dit qu’il fit si grande impression sur Gengis Khan qu’il décida de l’epargner alors qu’il rasa entièrement le reste de la ville.
On appelle ce petit monument “Char Minor”, c’est-à-dire “Quatre minarets”…alors qu’en fait, les tours ne sont pas des minarets. Il servait en fait de bibliothèque pour une madrassa (école religieuse) qui n’existe plus aujourd’hui. Vous trouvez pas qu’on dirait un chateau tout droit sorti d’un dessin-animé?
L’Ark est la plus vieille structure de Boukhara. Il fut occupé comme cité royale sans interruption du V ème jusqu’en 1920.
En 1920, l’aviation bolchévique frappa pour détruire la citadelle à 80%. Lors du bombardement, les habitants de Boukhara qui pour la première fois voyaient des avions, ont cru que c’était la fin du monde.
Pour quelques billets, le gardien a accepté de nous montrer la zone dévastée qui n’a pas bougé depuis 87 ans… tristement impressionnant.
Boukhara fut le principal centre religieux d’Asie Centrale pendant plusieurs siècles. En témoignent de nombreuses mosquées comme celle ci-contre.
L’habit traditionnel d’alors fait maintenant partie du folklore (heureusement !)…Lauren a voulu l’essayer, et malgré les apparences, il parait que la vue n’est presque pas altérée par le grillage.
La religion ne fait aujourd’hui plus autant d’adeptes. La pratique du Ramadhan et la fréquentation des mosquées ne sont pas dans le top 10 des choses à faire ! Il est cependant bien probable que le facteur répression y joue un rôle. En effet, lors d’un conversation avec un chauffeur de taxi, il nous avoua qu’il aurait bien aimer porter une barbe mais que cela lui aurait valu d’être fiché comme fanatique par le gouvernement, et ainsi persécuté.
Boukhara est une ville très agréable en fin de journée pour prendre un thé, manger un délicieux shashlik (brochette de viande) ou tout simplement un épis de maïs à la sauvette!
Avec ses nombreux stands de brocante, Boukhara est aussi très agréable pour les fin de journée shopping.
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Dernier regard sur la ville avant de reprendre la route pour Samarcande. _thumb.jpg)
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3 October 2007
On se trouve au Karakalpakistan, une province autonome située dans le nord de l’Ouzbékistan. Le peuple Karakalpak aurait souhaité avoir son pays tout comme les autres peuples d’Asie centrale à la chute de l’URSS. Mais la tentative échoua et la région fut intégrée à l’Ouzbékistan.
Il est 23h30, après de nombreuses péripéties, on arrive dans l’unique hôtel de la ville de Moynaq; un hôtel qui dans le temps avait vue sur la plage. D’extérieur, il n’a rien de moins que la laideur des vieux hôtels communistes et encore, de nuit on ne distingue pas tout. Mais un pas à l’intérieur m’ôta toute envie d’y passer la nuit. Les murs sont sales et délabrés, il n’y a plus de poignées aux portes, le mobilier est complètement pourri, ce que l’on peut appeler le hall d’entrée est squatté par de nombreux jeunes hommes travailleurs en habit orange flashy perdu dans les nuages de fumée de leur cigarettes. Tous les regards se dirigent vers nous ! Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Avec lassitude, l’un des gars rempli un seau d’eau qu’il monte à l’étage, l’eau ne doit pas arriver à toutes les chambres … la lumière non plus d’ailleurs, ils ont des lampes torches avec eux . Plus tard, en lisant mon guide, j’apprendrai que les toilettes et les douches de l’hôtel se trouvent dans le jardin, mais qu’il est déconseillé de prendre une douche car il s’agit d’eau de pluie stockée dans un bidon rouillé.
Ce que nous voulons … ? euuhhh, déjà nous voudrions quelqu’un qui parle anglais !
- Oh you speak english !?
- Yes a little bit, do you need a room?
- Not exactly (sourire embarrassé) … je me rabats sur notre plan n°2 très incertain…nous cherchons la maison de Tamara et sa fille Aïdé…
Nous avions eu par des routards à Tashkent le nom d’une habitante de la ville qui pouvait éventuellement héberger des hôtes. Donc au vu de l’hôtel, même s’il était tard et que cette ville parassait totalement fantôme, nous préférons tenter autre chose. De toute manière, il sera difficile d’être dans un lieu plus sinistre que ce taudis.
20 minutes plus tard, tout le monde dort déjàdans la maison, mais Tamara se réveille. Elle est d’accord pour nous installer dans son salon. Elle se lève et nous prépare des lits en plaçant des matelas par terre._thumb.jpg)
Rien ne manque dans ses actes pour certifier de son hospitalité et de sa gentillesse. Les fenêtres ne ferment pas bien et laissent passer des courants d’air très frais, mais les draps sont propres !
A l’aide de notre lampe frontale, nous évitons le chien et nous frayons chacun à notre tour un chemin jusqu’au trou qui sert de toilettes au fond du jardin. Une fois arrivé, il faut avoir le coeur bien accroché!
Ce n’est qu’au petit matin que l’on découvre notre gîte. Une jolie petite maison de pêcheur de style russe, fabriquée avec du bois de Sibérie. Mais plus pour très longtemps. En effet, Tamara a décidé de tout raser pour reconstruire une maison plus moderne.
Son fils Aziz a pour corvée quotidienne de receuillir l’eau dans le maximum de bacs possibles pendant l’unique heure par jour où Moynaq a accès à l’eau.
Malgré les difficultés de communication (on parlait beaucoup avec les mains), on a eu un super échange avec Tamara, notamment autour des délicieux plats qu’elle nous avait concoctés.
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Mais que faisons-nous à Moynaq? La ville était autrefois le plus grand port sur la Mer d’Aral (on voit encore le panneau à l’entrée de la ville arborant le poisson).
Les maisons ont un style bord de mer, on s’attend à chaque détourt de rue à tomber face à une grande étendue bleue.
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Mais aujourd’hui, Moynaq c’est un village à l’agonie. Il est déserté par de nombreux habitants à cause du manque de travail et d’infrastructures, mais aussi à cause de la polution due au retrait de la mer. Les seules personnes que l’on croise dans les rues sont quelques enfants et beaucoup de vieux.
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En effet le volume de la mer a été divisé par 5 entre 1960 et 1992. Les taux de mortalité dûs à l’anémie et à la tuberculose sont les plus hauts au monde…2000 personnes meurent chaque année de la tuberculose.
La faute à qui ? En grande partie aux plans désastreux de l’ère communiste. Dès les années 20, Staline impose à l’Ouzbékistan la monoculture du coton (très gourmande en eau). Si bien que tous les cours d’eau censés se jeter dans la mer d’Aral étaient presque àsec lorsqu’ils arrivaient en bout de course. Conséquence: la mer, n’étant presque plus alimentée, s’est petit à petit retirée.
Moynaq qui était un port autrefois se trouve maintenant à plus de 150km de la mer ! Les eaux se sont retirées, le sable et la steppe ont pris place.
Les bateaux qui n’ont pas eu le temps de suivre le niveau de l’eau sont échoués. Vision invraisemblable de bateaux de pêche et de transport de marchandises rongés par la rouille et plantés dans l’herbe et le sable. Le retrait de la mer a sonné le glas de Moynaq qui est devenu le cimetière de ses bateaux.
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Difficile d’imaginer cette mer qui autrefois était si étendue que des ouragans frappaient. Difficile aussi d’imaginer qu’elle a sauvé de la famine la Russie dans les années 20 grâce à l’abondance de ses poissons.
Que doivent ressentir ces anciens pêcheurs qui autrefois naviguaient sur cette mer et qui aujourd’hui la traversent à pied ou à dos d’âne…
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29 September 2007
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Quelques jours de repos bien mérité à Osh (Kirghizstan).
Images conceptuelles dans la ville.
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Au fait, on avait complètement oublié qu’on était sur la route de la soie jusqu’à voir à Osh ce mini-stand vendant de la soie au mètre avec motif traditionnel.
Nous avons ensuite tranversé la vallée du Ferghana pour nous rendre à Tashkent, point de rendez-vous avec nos deux amis, Jérôme et Lauren.
Déjeuner dans un fast food financé par des intérêts turcs, comme une bonne part de l’économie en Asie centrale.
Petit tour au change de rue… les dévaluations successives de la monnaie ouzbek ont fait d’elle une monnaie de singe, le moindre achat se négocie en milliers de "som" ouzbek. On a d’ailleurs été très embarassé d’être la cible de tous les regards lorsque le changeur de rue est revenu nous apporter un nombre impressionant de liasses de billets contre quelques centaines d’euros.
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La suite du voyage continue à l’ouest du pays dans la redoutable cité de Khiva.
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Au siècle dernier, la cité de Khiva évoquait les caravanes d’esclaves (russes pour la plupart) et les tribus sauvages des steppes turkmènes. Si le voyageur étranger survivait à la traversée du désert infesté de nomades hostiles, une fois arrivé à Khiva, sa vie dépendait encore de caprices des khans qui gouvernaient par la terreur. Le moyen de torture le plus tendance de l’époque était d’enfermer les proscrits dans un sac avec des chats sauvages! Aujourd’hui, c’est une petite bourgade dont le centre est l’un des mieux conservés du monde musulman..en termes d’architecture ( et avec l’aide de l’Unesco).
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Parmi les édifices les plus importants, on a le Kalta Minor (Minaret Court). L’histoire de son architecte est un standard dans la région … Le khan de Khiva décida de faire édifier un minaret de 70m qui devait ainsi devenir le plus haut du monde musulman. Mais sa construction fut abandonnée à 26m. Une légende raconte que l’architecte aurait secrètement accepté de construire un minaret encore plus grand pour le khan de Boukharra et qu’il aurait été jeté du haut du minaret pour cette trahison.
L’architecte du palais du khan n’a pas eu meilleur sort. Quand il a osé suggérer que 2 années étaient insuffisantes pour bâtir les 163 pièces et 3 cours… il fut aussitôt empalé ! Son successeur l’a finalement terminé au bout de 8 ans, avec la participation de 1000 esclaves.
Le harem (photos ci-contre) est particulièrement esthétique.
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Au détour d’une rue, nous pénétrons dans l’antre d’un atelier de tissage de tapis.
La coloration de la laine est la première étape.
Devinez par quelle potion magique on obtient cette couleur jaune !?
…. avec de la pelure d’oignons !!!
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A la grande époque des khans de Khiva, le chapeau tradi turkmène en peau de mouton, était très fashion. On s’est dit qu’on pourrait relancer la mode, qu’en pensez-vous? En tout cas, Massoud est emballé, adieu la crête !
La nuit tombe sur Khiva… il déjà temps de poursuivre notre route ….
26 September 2007

Maman, tu as raison, on vous parle de notre itinĂ©raire sans jamais montrer de carte. Alors voilĂ , le trait rouge reprĂ©sente ce qu’on a fait pour l’instant (source de la carte: Lonely Planet).
Kashgar, Chine. Il est 05:45 du matin le réveil sonne. Il faut vite se lever, le chauffeur nous attend ! Nous avons prévu un départ tôt pour ne pas arriver tard à Osh au Kirghizstan. Environ 500 km nous séparent de notre destination.
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06:20: Check out terminĂ©, le taxi file en direction du col d’Irkechtam qui est un point de passage entre la Chine et le Kirghizistan. La trajet est long, trois Ă quatre heures de route. On en profite pour finir notre nuit dans le taxi. Quand, de temps en temps, tout engourdis, on ouvre un oeil, ce sont des paysages de toute beautĂ© qui s’offrent Ă nous dans cette brume matinale; et des scènes tout aussi magiques comme cette lente caravane de chameaux que nous dĂ©passons.
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9:45: Premier post de contrĂ´le chinois. Deux douaniers enregistrent les passages. Le premier vĂ©rifie les passeports, le second qui a tout au plus 16 ans approche de nous avec un large sourire pour nous montrer son premier grade sous son lourd manteau vert militaire; avant de retourner Ă la tâche qu’il avait trouvĂ© pour se montrer utile, Ă savoir passer le balai sur le bitume poussiĂ©reux.
La route monte, la tempĂ©rature descend. Quelques kilomètres plus loin, on arrive au poste frontière chinois. De nombreux camions de marchandises attendent dĂ©jĂ . il est 10 heures du matin, les fonctionnaires chinois ne sont pas encore sur leur lieu de travail. Nous sommes Ă la lisière de deux mondes. Des inscriptions en chinois, en russe ,mais pas grand chose en anglais. Difficile de se faire comprendre. Au passage, merci Ă Ben avec son “Point It” qui nous a sauvĂ© Ă plusieurs reprises.
10:30: les premiers fonctionnaires arrivent et s’installent. Pas trop vite non plus… Le temps ici n’a pas autant de valeur qu’Ă l’ouest. Je vais vers l’un d’entre eux et l’interpelle au sujet du passage. Miracle: il se dĂ©brouille en anglais !! On en profite pour Ă©changer quelques mots.
- You french you french !? en regardant nos passeports
- Yes yes …
- Ahh France… Paris, very romantic !
- Je souris. And you? Are you ouighour ? Do you live out there?
- No, me Han, me live to Kashgar. Puis il enchaîne avec empressement: Do you know Alize ?
- mmh…No, I don’t know what it is.
- Alize, she is french, singer, singer…come come, my office !
Quelques minutes plus tard, je me retrouve dans le bureau d’un garde rouge hautement gradĂ©. LĂ , il cherche quelques fichiers sur son ordinateur puis il augmente le son..
- Look look, Alize, Alize ! I love Alize !
J’explose de rire ! A l’Ă©cran, un clip vidĂ©o de la chanteuse AlizĂ© sur France 2 . VoilĂ , il a fallu que j’aille jusqu’en Chine pour entendre parler de la chanteuse française AlizĂ© !
Il continue en passant en revu plusieurs clips, pas peu fier de me montrer qu’il possède tous ses titres.
Cet offier chinois me devient bien sympathique. Voyant son admiration pour AlizĂ© et son amour pour la France, je dĂ©cide de lui offrir deux prĂ©cieux cadeaux du stock de Tours Effeil que Lauren nous a donnĂ© avant de partir !! Après avoir discrètement vĂ©rifiĂ© qu’il n’y avait pas gravĂ© “Made in China” sur mes Tours Eiffel, je lui tend un porte-clĂ© + une Tour Eiffel de 20 cm avec Ă©crit “Paris” Ă la verticale.
Effet rĂ©ussi ! L’officier est très touchĂ© et trop heureux.
30 minutes plus tard, nous sommes dans le rang du contrĂ´le des passeports quand un japonais en habit traditionnel vient vers moi et tout content me demande si je parle anglais. Ouf ! il est sauvĂ©, il en a assez de parler avec les mains et des dessins depuis 5 jours qu’il se trouve en Chine; et est trop content de trouver des compagnons d’infortune. Comme nous, une fois sorti de ce poste frontière, il ne sait pas comment atteindre la frontière kirghize distante de quelques 7 km.
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On se retrouve dons quelques minutes plus tard, dehors, les passeports fraĂ®chement tamponnĂ©s Ă la main, ne sachant comment parcourir ces 7 km dans la montagne. C’est juste Ă ce moment qu’une belle voiture arrive en trombe et s’arrĂŞte devant nous. Dedans, notre officier francophile ouvre la fenĂŞtre de sa voiture personnelle et nous fait signe de monter ! Ouf, nous sommes sauvĂ©s ! Merci Alize, merci Lauren, merci Gustave Eiffel !
4 km plus loin, la voiture s’arrĂŞte. Nous commencons Ă nous inquiĂ©ter car nous ne sommes pas arrivĂ©s au Kirghizstan. Notre ami nous fait signe de descendre et nous fait ses adieux avec un peu de retenu devant ses collègues. Nous comprenons alors: c’est la vraie fin du territoire chinois. On se trouve dans la zone dĂ©militarisĂ©e entre les deux pays, un no man’s land qui porte bien son nom. Seule solution…continuer Ă pied sur cette terre aride et ce soleil qui commence Ă peser.
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Quelques km plus loin, premier check point kirghize. LĂ , les premiers militaires kirghizes nous stoppent net : le reste du trajet doit obligatoirement se faire de façon motorisĂ©e, que ce soit en camion, en voiture, Ă moto ou mĂŞme Ă vĂ©lo…mais pas Ă pied ! . Devinez pourquoi ? Simplement parce que les militaires ont montĂ© un business avec les villageois voisins. Ils nous obligent Ă utiliser les taxis locaux et reçoivent une com au passage par les chauffeurs. C’est ainsi qu’un vĂ©hicule arrive et nous propose un prix exhorbitant pour nous emmener Ă Osh, 250 km plus loin. Nous rouspĂ©tons, refusons et dĂ©cidons de nous installer tranquillement ici pour montrer aux militaires que nous camper ici plutĂ´t que nous faire arnaquer de la sorte ! Une demi-heure plus tard, une lada arrive au loin. Le militaire embarrassĂ© arrive vers nous et arrĂŞte le vĂ©hicule. Il ordonne alors au conducteur de nous emmener gratuitement quelques km plus loin au dernier poste frontière khirgize.
14:30: nous sommes enfin au Kirghizstan ! Le temps passe très vite et nous n’avancons pas. Il va falloir se dĂ©pĂŞcher. De l’autre cotĂ© du poste frontière kirghize, c’est un monde irrĂ©el qui nous attend. Au milieu de nulle part sur la planète Terre, en haut d’une montagne aride, un paysage lunaire jonchĂ© de carcasses mĂ©talliques, des caravanes ou wagons de train d’un autre siècle, d’un autre monde emmenĂ©es lĂ par des hommes et des femmes pour Ă©lir domicile.
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Routes non goudronnĂ©es, dĂ©foncĂ©es; poussière partout, infrastructures complètement dĂ©labrĂ©s…c’est une ville surgit brusquement qui est comme Ă l’agonie.
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Ces gens sont sans doute venus ici pour vivre des possibilitĂ©s de business liĂ©es au poste frontière. Ainsi, la plupart des hommes servent de taxi vers Osh. Ils savent très bien Ă quel point les touristes ont besoin d’eux. Il y a ainsi une entente mutuelle pour faire flamber les prix.
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Pendant que le japonais et moi s’Ă©vertuons Ă trouver un chauffeur un peu plus clĂ©ment, Muriel s’aventure loin entre les carcasses avec son appareil photo. C’est ainsi qu’elle se lie d’amitiĂ© avec une poignĂ©e de femmes exhibant toutes un large sourire de dents en or, trop amusĂ©es de voir leur reflet sur l’Ă©cran de l’appareil photo.
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Elle me fait signe de venir, nous sommes invitĂ©s Ă boire le thĂ©. Nous dĂ©posons alors sur la table notre imprimante magique. Commentaires taquins et Ă©clats de rire fusent lorsque les femmes obtiennent leur photo sur papier. Mais il est temps de repartir…
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Combien de temps plus tard, je ne saurais dire, le japonais rĂ©ussi Ă nĂ©gocier un transport jusqu’Ă Osh. Tout fier il vient nous parler de son deal.
- A guy is ok to take us with him for only 500 som (10€). He talked about a Kamaz.
Je m’Ă©tonne ! :
- A Kamaz ? Do you know what is a Kamaz ?
- No but this is our unique solution…
Je me retourne vers Muriel : Il veut qu’on fasse le trajet en Kamaz !!
- C’est quoi un Kamaz ?? Pourquoi pas??
- C’est un fameux camion de l’Ă©poque soviĂ©tique. On va mettre Ă©normĂ©ment de temps pour arriver Ă Osh… et encore, s’il arrive au bout !
Certes, quoiqu’il en soit, on n’a pas le choix. Le chauffeur refuse d’ouvris l’arrière de son camion. Seule solution…attacher nos sacs sur le toit, comme on peut ! Inchallah, ça tiendra bon ! !
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15 :30: tout est prĂŞt, on dĂ©marre, c’est donc environ 250 km qui nous attendent pour rejoindre Osh, le centre Ă©conomique du pays. Le chauffeur affirme que l’on sera Ă Osh vers 23h.
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On n’est pas très à l’aise dans le camion, ça secoue énormément, le bruit du moteur est assourdissant surtout en montée mais on va essayer de dormir un peu…
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Au bout de 20 km, plus possible de dormir. La route est vraiment trop mauvaise. Des nids de poule un peu partout sur une route qui n’a peut-ĂŞtre jamais Ă©tĂ© goudronnĂ©e ou peut ĂŞtre il y a très longtemps … On roule au mieux Ă 20 km/h… et encore ! On speed comparĂ© aux autres routiers. En roulant Ă 20km/h, on dĂ©passe d’autres Kamaz, donc imaginez leur vitesse !
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Notre foi n’a pas suffit pour exhauser nos prières, la route aura Ă©tĂ© aussi cahoteuse du dĂ©but Ă la fin. Durant le trajet, on aura croisĂ© de nombreux Kamaz de toutes les couleurs, avec une prĂ©fĂ©rence pour le vert kaki. Beaucoup d’entre eux sont en panne au bord de la route. Aprsè quelques heures de route, un Kamaz se “dĂ©raille” et se renverse quelques minutes avant que nous passions.
Puis au fil de la route, des camps de yourtes paisiblement installés, des chevaux sauvages, six villages et 2 Lada, une blanche et une bleue.
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Petit break en fin de journée dans un café esseulé lorsque le chauffeur croise par hasard son frère sur la route.
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On commence à vraiment apprécier ce voyage irréel, malgré la fatigue, la chaleur et la route cahoteuse. Notre chauffeur, Hadji, sort une cassette de sa manche, souffle dessus pour en ôter un peu de poussière et enclenche la musique, volume à fond ! On commence à danser, à rigoler ( voir la vidéo ci-dessous). Hadji nous mime le coup de boule de Zidane ! En un mot, inoubliable !
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19 :32: C’est le couché du soleil, notre chauffeur veut prendre une pause pour rompre son jeûne de Ramadan. C’est seulement la 2e personne que l’on rencontre durant notre voyage qui jeûne pendant le Ramadan! On s’arrête devant un petit boui-boui local! Du pain, du yaourt ailé, du thé, de la soupe au gras de boeuf, des raviolis kirghizes. On se régale à 4 pour 179 som (=3,40€)!
Ce n’est qu’en sortant du restaurant que l’on rĂ©alise qu’on a mangĂ© dans un restau routier local. Il a, en effet, fallu partir Ă la lampe torche, Ă la recherche de notre vĂ©hicule dans une forĂŞt de Kamaz.
On reprend la route, le racket des automobilistes commence avec les contrĂ´les policiers incessants. Ici au Kirghizstan, on trouve les policiers les plus corrompus d’Asie Centrale.
01:30 du matin: Hadji arrĂŞte son camion Ă un poste de contrĂ´le et part dans la petite cabane des policiers. Une heure plus tard, il n’est toujours pas revenu. On commence Ă criser, on redoute de devoir dormir dehors si on arrive trop tard Ă Osh. Je descend du camion pour aller voir ce qu’il se passe. On pensait que les policiers faisaient des misères Ă notre chauffeur. En fait, je les trouve assis sur des lits buvant du thĂ© et regardant un tĂ©lĂ©film Ă l’eau de rose ouzbèk Ă la tĂ©lĂ©. Je repars vers le camion et quand je dis ça Ă Muriel. Elle crise ouvertement. Elle descend, s’y rend Ă son tour et se met Ă jouer la comĂ©die:
- Please please, hotel Osh hotel Osh, no sleep outside, répète-elle les mains jointes en prière en feignant de gros sanglots.
Effet radical, les policiers et le chauffeur paniquent ou sont attendris, je ne sais. En tout cas, 2mn plus tard, le camion repartait enfin.
03:00 du matin: Hadji nous dĂ©pose au milieu de nulle part sur le bord de la route un peu avant l’entrĂ©e de la ville. Il nous dit que son contrat n’Ă©tait pas de nous emmener jusqu’Ă un hĂ´tel ! Après âpres discutions, on fini par monter sur le toit du camion pour rĂ©cupĂ©rer nos baggages mĂ©connaissables tant ils sont blancs de poussière. On ne lui donne pas tout son dĂ». Il arrĂŞte un taxi que l’on croit alors salutaire dans cette dĂ©serte; puis il part.
LĂ , au milieu de la nuit, Ă©puisĂ©s, nous reprenons les nĂ©gociations avec ce voleur de chauffeur de taxi qui profite bassement de notre dure circonstance. Il sait qu’on a besoin de lui alors il fait encore flamber les prix. On s’Ă©nerve tous. Je finis par descendre, prĂ©fĂ©rant dormir lĂ plutĂ´t que d’accepter cette exploitation audieuse. LĂ , il se ravise subitement, et accepte de nous emmener Ă un hĂ´tel pour le prix convenu.
03:30 du matin: Enfin Ă Osh !! Le bus de Kashgar faisait le trajet jusqu’Ă Osh en 18 heures de temps. Dire qu’on pensait faire ce trajet en 9 heures de temps si on s’y prenait par nos propres moyens !
04:00 : EpuisĂ©s, nous toquons vigoureusement Ă une porte et lĂ , un aubergiste endormi nous accueille gentiment. On est dans une chambre d’hĂ´tel très rudimentaire, avec douche et sanitaire en commun… mais ça nous parait ĂŞtre Versailles ! On s’Ă©croule… on verra demain ce qu’on fera, Ă chaque jour suffit sa peine !
25 September 2007
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A l’est de Kashgar, la route de la Soie se divise en deux voies à la lisière de l’immense désert de sable, le Taklamakan. La voie méridionale n’est pas facilement accessible. Elle est jalonnée de cités abandonnées, englouties par le sable où délaissées en même temps que le commerce de la soie.
Nous n’avons eu que le temps de pousser jusqu’à la petite ville de Yarkand, aux portes du désert. Là encore, difficile de se rappeler que nous étions en Chine, et au XXIe siècle de surcroît ! Ce fût un voyage dans le temps fascinant.
Tout d’abord, nous avons franchi quelques dunes et nous sommes restés là, dans le calme envoûtant et l’immensité du désert…quelques grammes de bonheur et de médidation avant d’attaquer une nouvelle année (ma dernière rentrée de fac…).
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Nous avons ensuite commencé notre ballade dans la ville en passant par la mosquée Altyn (XVIe siècle). Au fait, tu as raison maman, nous n’avons pas beaucoup de photos de la vieille ville de Kashgar; simplement parce qu’on la à chaque fois visitée le soir, et la lumière ne suffisait plus pour prendre des photos. Ci-dessous plus de photos d’une vieille ville ouighour, celle de Yarkand.
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Derrière la mosquée, un cimetière musulman s’étendait à perte de vue.
Ensuite, nous avons flâné dans les rues, entre petits commerces et rues désertes.
On s’est régalé de leur pain tout chaud à la graisse de mouton karakul.
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Petit concert de doutar improvisé dans la rue des artisants. On se demande comment le musicien arrive à émettre tant de sons avec seulement deux cordes !
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On a eu la joie d’être accueillis par plusieurs familles.
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Nous en avons profité pour tester notre imprimante portqble, achetée présicemment pour les rencontres insolites que les voyages nous offrent. En effet, les gens étaient tout heureux de voir leur visage sur l’écran de l’appareil photo. Mais alors, quand on a sorti l’imprimante avec tirage en direct, on s’est retrouvé l’attraction de la ville ! Les gens étaient fous de joie de recevoir leur photo!
La journée s’est terminée par un tour en "tuc-tuc" à travers les ruelles de Yarkand.
22 September 2007
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La première question que l’on se pose en arrivant à Kashgar est la suivante: est-on bien en Chine !? En effet, sans les inscriptions en chinois, on s’imaginerait bien ailleurs.
L’ouest de la Chine, le Xinjiang (Nouveaux Territoires en mandarin), est habité majoritairement par les Ouïghours, un peuple turc de langue turque utilisant l’alphabet arabe/persan et de confession musulmane.
Kashgar est une oasis que se partagent les ouïghours (la vielle ville) et les chinois Han venu de l’est (la ville nouvelle ). La séparation entre les deux peuples est nette. Impossible de confondre les deux peuples, que ce soit dans leurs traits physiques, leur type d’habitat, leur cuisine (ouf!), leur apparence vestimentaire ou leur culture. Les ouighours sont bien plus proches des autres peuples d’Asie centrale comme les turkmènes, ouzbeks et kazakhs que les Hans. A Kashgar, on peut dire qu’il y a deux villes complètement différentes en une.
L’activisme ou séparatisme ouighour y est fortement réprimé. D’ailleurs, les leaders musulmans ouïghours qui devaient négocier leur autonomie en 1949 sont comme par hasard morts lors du crash de leur avion qui partait pour Pékin …
Les lieux de culte, comme dans tout régime communiste, sont limite tolérés mais restent sous fort contrôle de l’Etat.
Le centre de l’ancienne ville est organisé autour de la mosquée Id Kah (XVe siècle), l’une des plus grande de Chine.
Se balader dans l’ancienne Kashgar, c’est plonger quelques siècles en arrière: des petites ruelles étroites, des habitations collées les unes aux autres, des portes sculptées; le tout fabriqué à partir de torchis ou de bois. Des petits commerces éparpillés un peu partout. Certaines professions sont regroupées en corporations:les forgerons, les cordonniers, les sculpteurs, etc. Ceux-ci n’ont pas été touchés par la modernité, c’est le savoir ancestral qui continue à se transmettre.
N’allez pas penser que les gens vivent mals dans leur quartier. Ils ont entre autre accès à l’eau potable et à l’électricité.
En se ballandant dans les ruelles, une famille ouïghour nous a chaleureusement invités à rompre le jeûne avec eux. Sur la photo: Maryam 30 ans, mère des trois enfants derrière lesquels se trouve leur grand-mère.
A la tombée de la nuit, la place face à la mosquée est envahie par les ouïghours qui rompent tous le jeûne avec des pastèques.
L’ambiance y est chaleureuse, agitée et festive. On est transporté par le mouvement de la foule à travers les cris des vendeurs, l’odeur des kebabs sur les barbecues._thumb.jpg)
Kashgar est reputée pour son bazar aux bestiaux qui constitue le marché le plus pittoresque d’Asie Centrale. Chaque dimanche, les éleveurs et paysans de toute la région viennent y vendre animaux, charettes, etc.
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Entre autres, les moutons karakul sont particulièrement présents. Il s’agit d’un type de mouton dont le derrière est une boule de plusieurs kilos de graisse.
Au passage ce ne sont pas que les moutons qui se font tondre, les hommes en profitent aussi !
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Pour ma part j’ai préféré éviter d’être tondu, même si ça aurait résolu mon problème de crête dont certains font mention dans les commentaires. J’ai donc tenter de la dissimuler dans un chapeau fait à partir d’une peau de mouton karakul…
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ah non ça le fait pas… ça me fait une géante crête du coup… il faudra trouver autre chose …
L’art de la négociation est le même depuis des siècles à Kashgar. Pour que ce soit plus juste, en plus de l’acheteur et du vendeur, il y a un intermédiaire qui arbitre la partie et qui n’a aucun intérêt dans la transaction. Un vrai spectacle!
Malheureusement cette partie de la ville est attaquée par les bulldozers Hans qui chaque jour détruisent la partie historique de la ville ainsi que tout ce qui touche à la culture ouïghour. Pour le moment, les Ouïghours sont majoritaires sur leur territoire, mais pour combien de temps encore …
En opposition, la partie Han de la ville est un hamas de béton, reflet d’une modernisation sauvage ou l’individu ne représente plus rien face à son environnement et où sa culture est menacée. Cette partie de la ville semble le clône de toutes les villes chinoises ou se succèdent panneaux ultra-lumineux et boutiques.
Comme dans toutes les grandes villes chinoises, il y a une "place dédiée au communisme". Ici, avec une géante statue de Mao.
Muriel était super ravie de retrouver les plats chinois, les friandises du genre pattes de poulets ou oeufs de 100 ans! Je pense faire quelques courses avant de partir pour réapprovisionner Ln, ça doit gravement lui manquer !!
Petite apparté: on parle souvent de la Chine en tant que grand pollueur mais à notre grande surprise, nous avons remarqué que les taxi sont équipé en GPL, et que les scooters sont principalement électriques, même en campagne. De même, les vélos sont équipés d’une batterie électrique pour aider à avancer dans les côtes!
20 September 2007
Notre unique étape au Kazakhstan a été Almaty, ville en pleine expansion dans un pays en pleine expansion…grâce au pétrole. Cependant, le développement du pays est loin d’être à la hauteur de ses revenus. Mais le président Nazarbaev - qui contrôle tout le pays avec sa fille Dariga depuis bien longtemps - a pris ses précautions, il a promis à son peuple la prospérité d’ici à 2030 (il aura alors 90 ans !!)!! Pour les ragôts géopolitiques, sa cadette s’est mariée en 1998 avec le fils du président khirgiz, mais ce mariage pur sang s’est rapidement soldé par un divorce ! (peut-être qu’ils étaient partis vivre dans le sud du pays
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En parlant de mariage, tous ceux qui me connaissent bien savent à quel point j’ai horreur des mariages et des photos de mariage ! Ceci dit, un blog de voyage est fait pour raconter ce qu’on voit au fil de la route…et ce qui nous a le plus frappé à Almaty est le nombre impressionnant de mariages qu’on y a vu ! En gros, comptons une douzaine par jour !! Alors voilà, je vous propose qu’on essaie d’en savoir un peu plus sur les jeunes kazakhstanais du XXIe à travers le rituel qu’est le mariage…
Par une belle matinée, on décide d’aller voir la fameuse église Zenkov couleur acidulé (construite entièrement en bois et sans aucun clou, voir ci-contre) et là, les cloches sonnent et des mariés d’origine russe sortent triomphants, chacun une icône orthodoxe géante dans la main…
Une rangée de petites vieilles super marrantes attendent sagement que les cortèges filent (et beaucoup se succèdent) pour ramasser les pièces de monnaie que les invités lancent sur les mariés
Un peu plus loin, le moindre m² de verdure est assailli par d’autres mariés qui se font photographiés devant les passants indifférents. Remarquez qu’il n’y a aucune différence entre le style kitsh à mourir(désolé pour ceux qui aiment) des photos de mariage en France et au Kazakhstan (je crois même que ce fléau sévit dans le monde entier) !
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Ensuite, une petite photo de près juste pour vous faire remarquer à quel point la moyenne d’âge des mariés est basse